Le glomérule rénal est une cible privilégiée des complexes immuns circulants et de l'activation lymphocytaire T, ce qui explique la fréquence des atteintes glomérulaires dans le contexte de stimulations immunitaires intenses telles que les vaccinations. Le mécanisme évoqué pour les glomérulonéphrites post-vaccinales est une dérégulation immunitaire à médiation T, capable de révéler une néphropathie à IgA préexistante et non diagnostiquée, ou de déclencher une poussée d'une maladie glomérulaire déjà connue et stabilisée.
Une série de 13 patients (8 nouveaux diagnostics, 5 poussées) documente la survenue de glomérulonéphrites dans les semaines suivant une vaccination ARNm, avec 77 % d'insuffisance rénale aiguë associée, majoritairement de stade 1. Une seconde série indépendante porte sur 30 patients supplémentaires. La réponse au traitement est favorable dans 80 % des cas de la première série. Le mécanisme suspecté implique une dérégulation immunitaire à médiation T plutôt qu'un dépôt de novo de complexes immuns.
PartielLa néphropathie à IgA est le sous-type de glomérulonéphrite le plus fréquemment documenté après vaccination ARNm (jusqu'à 38 % des cas selon les séries). Une étude portant sur 38 patients symptomatiques retrouve un délai médian d'apparition de 2 jours après la deuxième dose. Les auteurs évoquent un phénomène de démasquage d'une néphropathie à IgA infra-clinique préexistante plutôt qu'une maladie authentiquement nouvelle, du fait de l'intensité de l'activation immunitaire post-vaccinale.
PartielPlusieurs cas et séries de cas documentent une poussée ou une survenue de novo d'un syndrome néphrotique à lésions glomérulaires minimes après la première ou la deuxième dose de vaccin ARNm, avec rémission généralement rapide après reprise ou instauration d'une corticothérapie. Signal reconnu dans plusieurs publications indépendantes convergentes.
PartielUne analyse en vie réelle des données VAERS identifie 1133 cas d'insuffisance rénale aiguë, avec une association plus marquée pour le vaccin Pfizer-BioNTech que pour Moderna ou Janssen. Une cohorte de comparaison à grande échelle (N3C, plus de 6,5 millions de sujets) confirme cependant un risque absolu nettement inférieur après vaccination (0,66 %) qu'après infection par le SARS-CoV-2 (4,88 %), soit un risque environ dix fois supérieur en cas d'infection non prévenue.
ConfirméDes cas de vascularite associée aux anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA) avec glomérulonéphrite rapidement progressive ont été publiés après vaccination ARNm et à vecteur adénoviral. Signal rare, documenté par cas isolés, mécanisme non élucidé.
Sous recherche activeUn cas documenté de vascularite à IgA avec glomérulonéphrite nécrosante sévère et croissants a été publié chez une patiente ayant développé un purpura le soir même de sa deuxième dose de vaccin Pfizer-BioNTech. Signal rare mais sévère, nécessitant une revue de la littérature plus large pour en établir la fréquence réelle.
Sous recherche activeUn cas de néphrite interstitielle aiguë avec insuffisance rénale aiguë a été publié chez un jeune adulte en bonne santé après vaccination COVID-19. Tableau rare, mécanisme immuno-allergique suspecté mais non confirmé formellement.
Sous recherche activeUne analyse des données VAERS entre décembre 2020 et août 2022 documente des taux d'incidence cumulés de symptômes urologiques post-vaccinaux : troubles de la miction, symptômes de stockage vésical et hématurie, avec des variations selon l'âge, le sexe et le fabricant du vaccin. Une étude complémentaire rapporte une hématurie macroscopique chez des patients porteurs d'une néphropathie à IgA connue après vaccination.
PartielSérie de référence de 13 patients avec glomérulonéphrite nouvelle ou en poussée après vaccination ARNm.
↗ PMC8493782Cas sévère de vascularite à IgA avec glomérulonéphrite nécrosante après la deuxième dose de vaccin.
↗ CEN Case ReportsCas de poussées de MCD et de néphropathie à IgA, hypothèse d'une dérégulation immunitaire à médiation T.
↗ Clinical Kidney Journal — DOI 10.1093/ckj/sfab241Série de 30 patients avec confirmation histologique par biopsie rénale des atteintes glomérulaires post-vaccinales.
↗ PMC1201738138 patients symptomatiques, délai médian d'apparition de 2 jours après la deuxième dose.
↗ QJM — Oxford AcademicAnalyse VAERS de 1133 cas d'insuffisance rénale aiguë post-vaccinale, association plus forte avec Pfizer-BioNTech.
↗ PMC9196826Cohorte N3C de plus de 6,5 millions de sujets ; risque d'IRA nettement inférieur après vaccination qu'après infection.
↗ npj VaccinesAnalyse des symptômes urologiques (troubles mictionnels, hématurie) selon l'âge, le sexe et le fabricant du vaccin.
↗ World J Urol — via medsci.org| Signal | Population | Source | Niveau |
|---|---|---|---|
| Glomérulonéphrite de novo/poussée | 13 + 30 patients, deux séries | PMC8493782 · PMC12017381 | Partiel |
| Néphropathie à IgA | 38 patients symptomatiques | QJM 2023 | Partiel |
| Insuffisance rénale aiguë | Cohorte N3C, 6,5 M sujets | npj Vaccines 2024 | Confirmé |
| Vascularite ANCA rénale | Cas isolés | Kidney Int. 2021 (cas publiés) | Sous recherche active |
| Vascularite à IgA sévère | 1 cas documenté | CEN Case Reports 2022 | Sous recherche active |