La cavité buccale est tapissée d'une muqueuse richement innervée par le nerf trijumeau et vascularisée, en lien direct avec le tissu lymphoïde cervical et les glandes salivaires (parotides, sous-maxillaires, sublinguales). Les bourgeons du goût, localisés sur la langue et le palais, sont sensibles aux perturbations inflammatoires systémiques. Le site d'injection intramusculaire deltoïdien draine directement vers les chaînes ganglionnaires axillaires et sus-claviculaires, expliquant la fréquence des adénopathies réactionnelles régionales, parfois perceptibles jusque dans la région cervicale et sous-maxillaire.
Parmi les effets indésirables buccaux les plus fréquemment rapportés dans les analyses VAERS et EudraVigilance : agueusie (0,72 % des signalements buccaux), dysgueusie (0,62 %). Ces troubles sont significativement plus fréquents après vaccination ARNm qu'après vaccin antigrippal saisonnier, et davantage rapportés par les femmes. Généralement transitoires et résolutifs.
ConfirméLa paresthésie orale (0,87 %) et le gonflement des lèvres (0,84 %) figurent parmi les signaux buccaux les plus fréquemment rapportés, suivis du gonflement de la langue (0,63 %). Signal reconnu et quantifié dans les grandes analyses de pharmacovigilance internationales (VAERS, EudraVigilance, base australienne).
ConfirméEffet reconnu officiellement dans les essais cliniques pivots : adénopathie axillaire et/ou cervicale ipsilatérale au site d'injection rapportée chez 10,5 % (Pfizer) à 11,6-16 % (Moderna) des sujets vaccinés selon la méthode de détection (auto-déclaration vs échographie systématique, qui retrouve des taux nettement supérieurs). Durée moyenne d'environ 10 jours, résolution spontanée dans la grande majorité des cas. Peut concerner la région sous-maxillaire et compliquer le diagnostic différentiel en oncologie.
ConfirméUne étude de cohorte rétrospective portant sur environ 300 000 patients (base TriNetX, États-Unis) retrouve une incidence significativement plus élevée de lichen plan buccal et de lésions lichénoïdes chez les vaccinés que chez les non-vaccinés (0,067 % contre 0,027 %). Plusieurs cas cliniques individuels ont également été publiés en Europe, avec exclusion des étiologies infectieuses et allergiques alternatives. Signal statistiquement documenté mais rare en valeur absolue.
PartielLa sécheresse buccale est rapportée de façon significativement plus fréquente après vaccination ARNm qu'après vaccin antigrippal (0,25 % des signalements contre un taux de référence inférieur). Elle partage des caractéristiques cliniques avec les troubles salivaires observés lors de l'infection par le SARS-CoV-2, ce qui suggère un mécanisme physiopathologique lié à la protéine spike, sans que celui-ci soit pleinement élucidé.
PartielPlusieurs cas de parotidite aiguë unilatérale ou bilatérale ont été publiés dans les jours suivant une vaccination ARNm, avec résolution spontanée en quelques jours dans les cas documentés. Le mécanisme suspecté est une réaction croisée entre la protéine spike ciblée par l'ARNm vaccinal et des antigènes des cellules parotidiennes, par analogie avec les cas de thyroïdite post-vaccinale rapportés selon un mécanisme similaire. Signal rare, documenté par cas isolés.
PartielDes cas isolés de stomatite aphteuse chez des adultes sains sans antécédent ont été publiés après vaccination ARNm, de même que des ulcérations muqueuses palatales, gingivales et jugales rapportées dans de petites séries. Le taux de signalement de l'ulcération buccale reste faible dans les grandes bases de pharmacovigilance ; les données actuelles ne permettent pas d'établir un lien de causalité formel.
Sous recherche activeAnalyse quantifiée des 128 effets indésirables buccaux rapportés dans VAERS ; paresthésie orale, gonflement labial et troubles du goût en tête des signalements.
↗ PMC9309565Première synthèse populationnelle européenne des effets buccaux post-vaccinaux à partir du registre officiel EudraVigilance.
↗ Journal of Medical Virology — DOI 10.1002/jmv.28771Comparaison directe des effets buccaux entre vaccins ARNm, vecteur viral et grippe saisonnière ; signal spécifique pour le goût, la bouche sèche et l'herpès buccal.
↗ PMC10515678Cohorte rétrospective TriNetX de près de 300 000 patients ; incidence de lichen plan buccal significativement plus élevée chez les vaccinés.
↗ PMC8951494Synthèse des mécanismes proposés pour les troubles du goût et de la sécrétion salivaire post-vaccinaux, en parallèle des symptômes buccaux du COVID-19.
↗ Medical Principles and Practice — KargerCas de parotidite unilatérale post-vaccinale avec proposition d'un mécanisme de réaction croisée immunitaire.
↗ PMC9070069Données officielles des essais cliniques Pfizer-BioNTech et Moderna sur l'incidence de l'adénopathie axillaire et cervicale post-vaccinale.
↗ ScienceDirect — S0899707121002321Revue des mécanismes immunitaires proposés pour les lésions buccales post-vaccinales, incluant le lichen plan et les lésions lichénoïdes.
↗ ScienceDirect — S2772431X22000235| Signal | Population | Source | Niveau |
|---|---|---|---|
| Troubles du goût | Population générale, surtout femmes | VAERS · EudraVigilance | Confirmé |
| Adénopathie cervicale/axillaire | 10,5–11,6 % des vaccinés, essais cliniques | Essais pivots Pfizer/Moderna | Confirmé |
| Lichen plan buccal de novo | 0,067 % des vaccinés (cohorte 300 000) | PMC8951494 (TriNetX) | Partiel |
| Parotidite post-vaccinale | Cas isolés, tous âges | PMC9070069 et cas similaires | Partiel |
| Aphtose buccale | Cas isolés | Séries de cas publiées | Sous recherche active |