Article III — Risques Documentés
Charte du Parent Responsable · Article
III

Risques Documentés

« Tout traitement comporte des risques. Vous avez le droit de les connaître tous — fréquents, graves, rares — avant de décider. »

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Définition & portée

Le droit à la connaissance exhaustive des risques

L'obligation d'information sur les risques ne se limite pas aux risques fréquents. Le professionnel de santé est tenu de vous informer de tout risque grave, même rare, dès lors qu'il est documenté dans la littérature scientifique ou les bases de pharmacovigilance. Un risque grave mais peu fréquent reste un risque que vous devez connaître pour décider librement.

Les risques documentés incluent : les effets indésirables des médicaments (mentionnés dans la notice et les bases de l'EMA/AFMPS), les complications opératoires connues, les interactions médicamenteuses, les risques liés à l'état de santé particulier de votre enfant, et les risques à long terme identifiés par les études de suivi.

« L'information sur les risques n'a pas pour objet d'effrayer, mais de respecter la capacité de jugement du patient et de son représentant légal. »

Risques que vous devez toujours demander :

Fondements juridiques

Textes de référence

🇧🇪 Loi du 22 août 2002 — Art. 8

Pour pouvoir donner son consentement, le patient doit avoir reçu préalablement, en temps opportun et dans une langue claire, les informations nécessaires concernant notamment l'état de santé et l'évolution probable, la description de l'intervention, ses risques et effets secondaires fréquents ou importants, les soins de suivi, et les alternatives disponibles.

🇪🇺 Règlement européen 536/2014 — Essais cliniques

Tout risque prévisible et raisonnablement attendu doit être communiqué. Ce principe, issu du droit des essais cliniques, a été étendu à la pratique médicale courante par la jurisprudence. L'imprévisibilité d'un risque ne peut être invoquée que si aucune donnée de pharmacovigilance ne l'avait identifié au moment de l'acte.

📊 Directive 2001/83/CE — Notice des médicaments

Le fabricant est légalement tenu de lister dans la notice tous les effets indésirables documentés lors des essais cliniques et de la surveillance post-commercialisation. Cette notice est un document public opposable. Le médecin ne peut omettre les risques y figurant lors de son information.

🔬 AFMPS — Pharmacovigilance belge

L'Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé maintient une base de données publique des signaux de sécurité. Les professionnels sont tenus de consulter et communiquer les alertes et mises en garde récentes liées aux produits prescrits.

Jurisprudence

Cas documentés

Cour de cassation belge — 14 décembre 2001

Un chirurgien avait omis d'informer du risque d'atteinte nerveuse lors d'une intervention. Le risque s'était réalisé. La Cour a établi que même un risque rare doit être communiqué s'il est documenté et susceptible d'influencer la décision du patient ou de son représentant.

✦ Risque rare documenté = obligation d'information
Cour d'appel de Paris — 2 novembre 2010

Condamnation d'un pédiatre pour défaut d'information sur les effets indésirables d'un médicament pédiatrique. La notice mentionnait des risques graves non communiqués aux parents. Le tribunal a retenu que l'existence d'une notice ne dispense pas le médecin de son obligation d'information orale.

✦ Notice ≠ substitut à l'information personnalisée
EMA — Décision 2023 sur les signaux de pharmacovigilance

L'EMA a renforcé les exigences de communication des risques identifiés post-commercialisation. Les professionnels de santé doivent actualiser leur information sur la base des signaux émis, et non uniquement sur la notice d'origine lors de la mise sur le marché.

✦ Information = obligation d'actualisation continue

FAQ

Questions fréquentes

Le médecin peut-il omettre un risque rare en disant "c'est exceptionnel" ?
Non. La jurisprudence est constante : un risque grave, même rare, doit être communiqué s'il est documenté. "C'est rare" est une statistique de population, pas une réassurance individuelle. Votre enfant peut être dans la tranche rare. Vous avez le droit de le savoir.
Comment vérifier moi-même les risques documentés d'un médicament ?
Consultez : 1) la notice complète (RCP) sur le site de l'AFMPS ou de l'EMA. 2) La base VigiAccess de l'OMS (vigiaccess.org). 3) EudraVigilance pour les données européennes. Ces bases sont publiques et accessibles sans compte.
Puis-je demander les données de pharmacovigilance spécifiques à un médicament ?
Oui. L'AFMPS a une obligation de transparence. Vous pouvez faire une demande d'accès aux données de pharmacovigilance agrégées. Certaines informations sont publiées dans les Rapports Périodiques Actualisés de Pharmacovigilance (PSUR), accessibles via l'EMA pour les médicaments autorisés au niveau européen.
Un effet indésirable non listé dans la notice peut-il engager la responsabilité du médecin ?
Si l'effet était inconnu au moment de la prescription et ne figurait dans aucune donnée de pharmacovigilance, la responsabilité du médecin sur ce point précis est généralement écartée. En revanche, si des signaux de sécurité avaient été émis sans que le médecin en ait tenu compte, sa responsabilité peut être engagée.

Ressources pratiques

Outils de vérification des risques

🔭
VigiAccess — OMS
Base mondiale des effets indésirables signalés. Accessible gratuitement, sans inscription, pour tout médicament commercialisé.
vigiaccess.org →
🇪🇺
EudraVigilance — EMA
Base européenne des effets indésirables. Données de pharmacovigilance post-commercialisation pour les médicaments autorisés dans l'UE.
www.adrreports.eu →
🇧🇪
AFMPS — Belgique
Notices officielles, alertes de sécurité et données de pharmacovigilance belges. Signalement possible des effets indésirables observés.
afmps.be →
📋
Modèle demande RCP complet
Formulaire de demande formelle du Résumé des Caractéristiques du Produit (document technique complet, plus détaillé que la notice patient).
Télécharger →