BE-01 — Orientation
La bioéthique ne s'est pas constituée par accumulation théorique mais par réaction à des faits documentés. Le procès des médecins de Nuremberg (1946-1947), révélant des expérimentations menées sans consentement dans les camps, aboutit à un premier code de dix principes. Trois décennies plus tard, la révélation publique de l'étude de Tuskegee aux États-Unis conduit à la rédaction du Rapport Belmont. Ces deux textes, puis leur prolongement européen et international, forment la généalogie documentaire de la discipline.
Fondements documentés
1947 — Naissance d'un premier code
Le Code de Nuremberg énonce dix principes directeurs pour toute expérimentation humaine, dont le premier — le consentement volontaire — reste la pierre angulaire de tout le champ. Il naît directement du verdict du tribunal militaire américain à l'encontre des médecins nazis.
1979 — Consolidation aux États-Unis
Le Rapport Belmont est rédigé par une commission nationale créée après la révélation, en 1972, de l'étude de Tuskegee menée par le service de santé publique américain de 1932 à 1972 sur des hommes noirs atteints de syphilis non traités à leur insu. Il formule trois principes : respect des personnes, bienfaisance, justice — développés dans les chapitres suivants de cette collection.
1997 puis 2005 — Portée internationale
La Convention d'Oviedo est le premier traité international juridiquement contraignant en bioéthique pour les États du Conseil de l'Europe qui la ratifient. La Déclaration universelle de l'UNESCO (2005), sans force contraignante, étend les mêmes principes à l'échelle mondiale et sert de référence morale partagée.
Sources primaires citées
- Code de Nuremberg, verdict du procès des médecins, août 1947, dix principes.
- Rapport Belmont, National Commission (États-Unis), 18 avril 1979.
- Convention d'Oviedo, Conseil de l'Europe, STE n°164, 4 avril 1997.
- Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme, UNESCO, 19 octobre 2005.
Termes du lexique
À retenir
- La bioéthique naît de faits documentés, pas d'un débat théorique isolé.
- Le Code de Nuremberg (1947) et le Rapport Belmont (1979) sont les deux textes fondateurs les plus cités.
- La Convention d'Oviedo (1997) est le seul des quatre textes fondateurs juridiquement contraignant.
- La Déclaration UNESCO (2005) donne au champ une portée universelle, bien que non contraignante.
Navigation de la collection
Les fondements de la bioéthique
Origines, concepts clés et grands repères.
Dignité humaine
La personne ne se réduit jamais à son utilité, à son état, à son âge ou à sa condition.
Autonomie et liberté
L'autonomie suppose l'information, la compréhension, l'absence de contrainte et la possibilité réelle de choisir.
Bienfaisance et non-malfaisance
La recherche du bénéfice ne justifie pas l'oubli de la prudence.
Justice et équité
Traiter équitablement, ce n'est pas toujours traiter identiquement.
Recherche responsable
La rigueur scientifique et l'exigence éthique doivent avancer ensemble.
Protection des plus vulnérables
Une société éthique se reconnaît à la manière dont elle protège les plus exposés.
Solidarité et bien commun
Le bien commun ne se réduit pas à la somme des intérêts individuels.
