BE-02 — Orientation
La dignité humaine est le principe le plus fondamental de la bioéthique : elle précède et fonde tous les autres. Contrairement à des notions comme la capacité ou l'utilité, la dignité ne se mesure pas et ne se perd pas — elle est reconnue à toute personne humaine indépendamment de sa condition, de son âge, de sa maladie ou de son handicap. Ce principe, longtemps philosophique, a été progressivement inscrit dans des textes juridiques précis.
Fondements documentés
Un principe inconditionnel
La dignité n'est pas conférée par une capacité, un statut social ou un état de santé — elle est reconnue à toute personne humaine sans condition. C'est ce caractère inconditionnel qui interdit toute instrumentalisation de la personne, même au nom d'un bénéfice collectif.
Une consécration juridique explicite
L'article 1 de la Convention d'Oviedo (1997) dispose que les parties protègent la dignité et l'identité de tout être humain. L'article 3 de la Déclaration UNESCO (2005) affirme que la dignité humaine, les droits de l'homme et les libertés fondamentales doivent être pleinement respectés dans l'application des sciences de la vie.
Dignité, vulnérabilité et fin de vie
La dignité ne disparaît ni avec la maladie, ni avec la dépendance, ni avec le grand âge — un point directement lié au chapitre sur la protection des personnes vulnérables (BE-07). Son application concrète dans les situations de fin de vie ou de handicap sévère fait l'objet de débats juridiques et éthiques que cette collection continue de documenter.
Sources primaires citées
- Convention d'Oviedo, Conseil de l'Europe, STE n°164 (1997), article 1.
- Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme, UNESCO (2005), article 3.
- Code de Nuremberg (1947), principes 1 et 4 (protection contre la souffrance et le dommage inutiles).
Termes du lexique
À retenir
- La dignité humaine est reconnue indépendamment de toute condition, capacité ou utilité.
- Elle est explicitement inscrite dans l'article 1 de la Convention d'Oviedo et l'article 3 de la Déclaration UNESCO.
- Elle fonde l'interdiction de toute instrumentalisation de la personne humaine.
- Son application aux situations de grande vulnérabilité reste un champ documentaire actif.
Navigation de la collection
Les fondements de la bioéthique
Origines, concepts clés et grands repères.
Dignité humaine
La personne ne se réduit jamais à son utilité, à son état, à son âge ou à sa condition.
Autonomie et liberté
L'autonomie suppose l'information, la compréhension, l'absence de contrainte et la possibilité réelle de choisir.
Bienfaisance et non-malfaisance
La recherche du bénéfice ne justifie pas l'oubli de la prudence.
Justice et équité
Traiter équitablement, ce n'est pas toujours traiter identiquement.
Recherche responsable
La rigueur scientifique et l'exigence éthique doivent avancer ensemble.
Protection des plus vulnérables
Une société éthique se reconnaît à la manière dont elle protège les plus exposés.
Solidarité et bien commun
Le bien commun ne se réduit pas à la somme des intérêts individuels.
