BE-08 — Orientation
La bioéthique ne s'arrête pas à la relation entre une personne et son praticien : elle porte aussi une dimension collective, celle de la solidarité et de la responsabilité sociale en matière de santé. La Déclaration UNESCO consacre trois articles à cette dimension — solidarité et coopération, responsabilité sociale, partage des bénéfices — sans jamais opposer cette exigence collective aux droits individuels développés dans les chapitres précédents.
Fondements documentés
Une dimension collective explicite
L'article 13 de la Déclaration UNESCO (2005) demande que la solidarité entre les êtres humains et la coopération internationale soient encouragées dans l'application et l'avancement des connaissances scientifiques. L'article 14 ajoute que la promotion de la santé et le développement social pour les populations font partie des objectifs premiers des gouvernements.
Le partage des bénéfices de la recherche
L'article 15 de la Déclaration UNESCO consacre le principe du partage des bénéfices résultant de toute recherche scientifique — accès aux soins, aux traitements et aux résultats de la recherche — et non la seule appropriation par les populations ou institutions qui l'ont financée.
Solidarité et autonomie ne s'opposent pas
La dimension collective de la bioéthique complète le principe d'autonomie développé au chapitre BE-03 ; elle ne le contredit pas. Une société peut organiser une responsabilité sociale forte en matière de santé publique tout en respectant strictement le consentement individuel de chaque personne.
Sources primaires citées
- Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme, UNESCO (2005), articles 13, 14 et 15.
- Convention d'Oviedo (1997), préambule (référence à la solidarité entre les États membres).
Termes du lexique
À retenir
- La bioéthique comporte une dimension collective explicitement reconnue par le droit international.
- Le partage des bénéfices de la recherche est un principe consacré, pas une option facultative.
- La solidarité complète l'autonomie individuelle, elle ne s'y substitue jamais.
- Ce chapitre clôt la collection en reliant les sept principes précédents à leur portée sociale.
Navigation de la collection
Les fondements de la bioéthique
Origines, concepts clés et grands repères.
Dignité humaine
La personne ne se réduit jamais à son utilité, à son état, à son âge ou à sa condition.
Autonomie et liberté
L'autonomie suppose l'information, la compréhension, l'absence de contrainte et la possibilité réelle de choisir.
Bienfaisance et non-malfaisance
La recherche du bénéfice ne justifie pas l'oubli de la prudence.
Justice et équité
Traiter équitablement, ce n'est pas toujours traiter identiquement.
Recherche responsable
La rigueur scientifique et l'exigence éthique doivent avancer ensemble.
Protection des plus vulnérables
Une société éthique se reconnaît à la manière dont elle protège les plus exposés.
Solidarité et bien commun
Le bien commun ne se réduit pas à la somme des intérêts individuels.
