10 principes fondateurs de l'éthique médicale internationale — Jugement du 19 août 1947

Le Code de Nuremberg est le premier instrument international définissant les conditions éthiques de l'expérimentation médicale sur l'être humain. Intégré dans le jugement du 19 août 1947, il constitue le fondement de toute l'éthique biomédicale contemporaine.
Sa filiation directe : Déclaration d'Helsinki (AMM, 1964) → Rapport Belmont (USA, 1979) → Convention d'Oviedo (Conseil de l'Europe, 1997) → Règlement UE N° 536/2014.
Les faits ont des droits. Les principes ont une mémoire. L'éthique a un avenir.
« Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. Cela veut dire que la personne intéressée doit jouir de la capacité légale totale pour consentir ; qu'elle doit être laissée libre de décider, sans intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d'autres formes de pression ou de coercition. »
— Code de Nuremberg, Principe 1 · Jugement du 19 août 1947
Le Procès des Médecins s'est tenu du 9 décembre 1946 au 20 août 1947. Il constitue le premier des douze procès de Nuremberg organisés par les Alliés. 23 accusés comparurent : 20 médecins et 3 administrateurs, dont Karl Brandt, médecin personnel d'Hitler et Commissaire au Reich pour la Santé, et Karl Gebhardt, président de la Croix-Rouge allemande. Josef Mengele avait fui en Amérique du Sud et ne figurait pas parmi les accusés.

Haute altitude — Caissons de décompression à Dachau, exposition jusqu'à la mort par manque d'oxygène, pour la Luftwaffe.
Hypothermie — Immersion forcée dans l'eau glacée et exposition au froid extrême pour aviateurs en mer.
Inoculations forcées — Paludisme, tuberculose, typhus, gangrène gazeuse injectés à des sujets sains à Dachau, Auschwitz, Buchenwald.
Chirurgies sans consentement — Ablations d'os, muscles, nerfs à Ravensbrück, sans anesthésie.
Stérilisation forcée — Rayons X, chirurgie, produits chimiques — programme eugéniste nazi.
Eau de mer — Administration exclusive d'eau de mer pendant des jours, pour la Kriegsmarine.

| Verdict | Nb | Détail |
|---|---|---|
| Condamnés à mort | 7 | Dont Karl Brandt — exécutés le 2 juin 1948 à Landsberg |
| Prison à vie | 5 | Peine perpétuelle |
| 10 à 20 ans | 4 | Peines à durée déterminée |
| Acquittés | 7 | — |
La défense invoqua l'absence de code international définissant les limites de l'expérimentation humaine. Cette lacune conduisit directement à la rédaction du Code de Nuremberg, intégré dans le jugement lui-même.
Trials of War Criminals before the Nuremberg Military Tribunals under Control Council Law No. 10 — Vol. I & II — U.S. Government Printing Office, Washington, 1949-1953

Le Code est intégré dans le jugement rendu le 19 août 1947. Il ne constitue pas un traité international formellement contraignant, mais un standard éthique fondateur universellement reconnu, qui a directement inspiré la Déclaration d'Helsinki (1964) et la Convention d'Oviedo (1997).
« Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. » — Principe 1, Code de Nuremberg

Sans intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d'autres formes de pression ou de coercition. Il faut renseigner exactement le sujet sur la nature, la durée, le but, les méthodes, les dangers et risques encourus.
L'obligation et la responsabilité d'apprécier la qualité du consentement incombent à chacun de ceux qui prennent l'initiative de cette expérience. Cette responsabilité ne peut être transférée à d'autres.

L'expérience doit avoir des résultats pratiques pour le bien de la société impossibles à obtenir par d'autres méthodes d'étude ; elle ne doit pas être pratiquée au hasard et sans nécessité.
La science au service de l'humanité. La dignité humaine est la fin dernière de toute recherche.

L'expérience doit être précédée d'études faites sur des animaux et basée sur les données de la maladie étudiée ou d'autres problèmes à l'étude. Les résultats attendus doivent justifier l'expérience.
Connaître avant d'agir. Comprendre avant d'expérimenter.

Pendant l'expérience, il faut éviter tout acte inutile physique ou mental pouvant faire souffrir, blesser ou nuire au sujet de l'expérience. La protection du sujet est la première obligation de l'expérimentateur.
La science n'a de valeur que si elle respecte l'humain.

Principe VIII : L'expérience doit être pratiquée uniquement par des personnes scientifiquement qualifiées.
Principe IX : Le sujet humain doit avoir la liberté de mettre fin à l'expérience à tout moment.
Principe X : L'expérimentateur doit être prêt à interrompre l'expérience à tout moment s'il a des raisons de croire qu'elle peut entraîner des blessures, l'invalidité ou la mort du sujet.
Être compétent, agir avec prudence, savoir interrompre : c'est protéger la vie et la dignité.
Trials of War Criminals before the Nuremberg Military Tribunals under Control Council Law No. 10 — Vol. II, pp. 181-182 — U.S. Government Printing Office, Washington DC, 1949

Cinq instruments forment une lignée directe. Les principes fondateurs de Nuremberg — consentement absolu, protection du sujet, proportionnalité des risques — traversent 77 ans d'histoire pour se retrouver codifiés dans le Règlement UE 536/2014, directement applicable dans les 27 États membres.
Les principes d'hier. Les droits d'aujourd'hui. La science de demain. Une même exigence : la dignité de l'être humain.
Les points de cette section constituent des questions de débat documentées dans la littérature juridique et bioéthique. Ils sont présentés comme tels — ni comme des faits établis, ni comme des positions marginales — conformément à la posture éditoriale LDDF. Les opinions d'experts sont clairement attribuées à leurs auteurs.
Les AMMC accordées aux vaccins COVID-19 à partir de décembre 2020 impliquent, par définition réglementaire (Règlement CE 507/2006), que le produit ne répond pas encore aux critères complets d'autorisation standard. La question de la communication de ce statut aux bénéficiaires constitue un sujet de débat éthique documenté au regard du Principe 1 du Code de Nuremberg.
Le Principe 1 stipule que le consentement doit être obtenu sans contrainte ni coercition. Des juristes et bioéthiciens ont examiné si des mesures conditionnant l'accès à des droits fondamentaux à la vaccination constituent une forme de coercition au sens de ce principe. Ce débat est documenté dans la littérature juridique internationale. Aucune décision de justice définitive n'a tranché la question à l'échelle européenne à ce jour.
Règlement (CE) n° 507/2006 — AMMC (JOUE) / EMA EPAR Comirnaty — conditions d'AMM / Vayena E. et al. — Big Data analytics in global health — Lancet 2018