BE-04 — Orientation
La bienfaisance et la non-malfaisance forment le cœur prudentiel de l'éthique médicale : rechercher un bénéfice réel tout en évitant tout dommage évitable. Cette exigence double, héritée de la tradition hippocratique, a été formalisée par le Rapport Belmont en 1979 comme l'un de ses trois principes fondateurs, puis reprise dans les cadres réglementaires contemporains de la recherche clinique.
Fondements documentés
Agir pour le bien
Le Rapport Belmont (1979) formule la bienfaisance comme une obligation, non une simple option : maximiser les bénéfices possibles et minimiser les dommages possibles. Elle exige un bénéfice réel et vérifiable, non une intention abstraite.
Ne pas nuire
La non-malfaisance impose de réduire les risques prévisibles, d'éviter les dommages évitables, et de suspendre une action lorsque le rapport bénéfice-risque devient défavorable. Le Règlement UE n°536/2014 relatif aux essais cliniques impose explicitement cette évaluation du rapport bénéfice-risque avant toute autorisation.
Un équilibre prudentiel encadré
Le bénéfice attendu ne peut jamais effacer l'obligation de prudence. Cet équilibre est réévalué en continu — avant, pendant et après toute intervention ou recherche — et non fixé une fois pour toutes au moment de la décision initiale.
Sources primaires citées
- Rapport Belmont (1979), section sur la bienfaisance.
- Règlement (UE) n°536/2014 du Parlement européen et du Conseil relatif aux essais cliniques de médicaments à usage humain, applicable depuis le 31 janvier 2022.
- Convention d'Oviedo (1997), article 4 (obligations professionnelles et normes de conduite).
Termes du lexique
À retenir
- Le principe doit être lu avec les autres chapitres de la collection.
- La bienfaisance exige un bénéfice réel, pas une intention déclarée.
- Le rapport bénéfice-risque doit être réévalué en continu, pas seulement au moment de la décision initiale.
- La personne humaine reste le centre de l'évaluation.
Navigation de la collection
Les fondements de la bioéthique
Origines, concepts clés et grands repères.
Dignité humaine
La personne ne se réduit jamais à son utilité, à son état, à son âge ou à sa condition.
Autonomie et liberté
L'autonomie suppose l'information, la compréhension, l'absence de contrainte et la possibilité réelle de choisir.
Bienfaisance et non-malfaisance
La recherche du bénéfice ne justifie pas l'oubli de la prudence.
Justice et équité
Traiter équitablement, ce n'est pas toujours traiter identiquement.
Recherche responsable
La rigueur scientifique et l'exigence éthique doivent avancer ensemble.
Protection des plus vulnérables
Une société éthique se reconnaît à la manière dont elle protège les plus exposés.
Solidarité et bien commun
Le bien commun ne se réduit pas à la somme des intérêts individuels.
