« Nos résultats indiquent une absorption rapide du BNT162b2 dans la lignée cellulaire hépatique humaine Huh7... l'ARNm du BNT162b2 est rétrotranscrit intracellulairement en ADN en aussi peu que 6 heures. »
Markus Aldén est le premier auteur d'une étude menée au Département des Sciences Cliniques de l'Université de Lund (site de Malmö, Suède), publiée le 25 février 2022 dans la revue à comité de lecture Current Issues in Molecular Biology (MDPI), sous la direction de la Pr Yang De Marinis et avec la collaboration du Pr Magnus Rasmussen (médecine des infections). Six coauteurs signent l'article aux côtés d'Aldén.
L'équipe a exposé la lignée cellulaire hépatique humaine Huh7 (une lignée dérivée d'un carcinome hépatocellulaire, couramment utilisée en recherche) au vaccin BNT162b2 de Pfizer-BioNTech in vitro. Par PCR quantitative et immunohistochimie, elle a observé une absorption rapide du vaccin par les cellules, des changements dans l'expression et la distribution de l'élément LINE-1 (une rétrotranscriptase endogène), et une amplification par PCR d'une séquence d'ADN spécifique au BNT162b2 dans l'ADN génomique des cellules exposées — dès 6 heures après exposition.
La rétrotranscription intracellulaire de l'ARNm du BNT162b2 en ADN, dans des cellules Huh7 en culture, est le résultat central publié et n'a pas été contesté sur le plan factuel par les critiques ultérieures de l'étude.
Les auteurs déclarent explicitement dans leur propre article : « à ce stade, nous ne savons pas si l'ADN rétrotranscrit à partir du BNT162b2 est intégré dans le génome cellulaire. » Deux coauteurs, la Pr Yang De Marinis et le Pr Magnus Rasmussen, ont publié une foire aux questions après la diffusion virale de l'étude sur les réseaux sociaux, précisant : « cette étude n'examine pas si le vaccin Pfizer modifie notre génome » et que les résultats ont été « mal interprétés dans de nombreux cas ». Le chercheur Dr Rhys Parry (Université du Queensland) a confirmé à AAP FactCheck que l'étude « ne montre pas que l'ARNm vaccinal pénètre dans le noyau humain — elle montre seulement qu'une rétrotranscription de l'ARNm s'est produite ».
Un commentaire formel publié dans la même revue (Hamid A. Merchant, Université de Huddersfield, avril 2022) relève que Huh7 est une lignée cancéreuse à réplication d'ADN active et à expression protéique atypique par rapport à des hépatocytes sains, ce qui pourrait favoriser artificiellement la rétrotranscription observée ; il note aussi que les concentrations de vaccin utilisées in vitro dépassent probablement l'exposition réelle in vivo. Les auteurs originaux ont répondu à ces critiques dans la même revue.
Plusieurs relais grand public (dont un article du Solomon Star, presse des Îles Salomon) ont présenté l'étude comme la preuve d'une « altération permanente du code génétique en quelques heures » par intégration au génome — une conclusion que les auteurs eux-mêmes n'ont jamais tirée et qu'ils ont explicitement démentie.
Signal ≠ Causalité : la rétrotranscription observée in vitro est un fait publié et non contesté ; son intégration au génome, sa pertinence en conditions physiologiques réelles et ses éventuelles conséquences cliniques restent, de l'aveu même des auteurs, des questions non résolues.