Moratoire fédéral de 2014 sur le financement des recherches augmentant la transmissibilité ou la pathogénicité de virus à potentiel pandémique · Levée en 2017 via le cadre P3CO · Question non résolue de la subvention EcoHealth Alliance / Institut de Virologie de Wuhan
Une définition officielle américaine précise, souvent confondue dans le débat public avec toute forme de recherche virologique.
Le terme « gain of function » (GOF) désigne, dans sa définition réglementaire américaine de 2014, des projets de recherche dont on peut raisonnablement anticiper qu'ils confèrent à des virus de la grippe, du MERS ou du SRAS des caractéristiques augmentant leur pathogénicité et/ou leur transmissibilité par voie respiratoire chez les mammifères. Cette définition exclut explicitement la simple caractérisation ou les tests sur des virus déjà présents à l'état naturel, sauf si ces tests visent eux-mêmes à augmenter la transmissibilité ou la pathogénicité.
Le débat naît de deux études financées par le NIH sur la transmission respiratoire du virus H5N1 hautement pathogène, menées par les équipes de Ron Fouchier (Erasmus MC) et Yoshihiro Kawaoka (Université du Wisconsin). La controverse initiale porte sur le risque de publication de ces résultats — le potentiel qu'ils servent de « recette » — avant de s'étendre à la question du risque de fuite accidentelle.
Du moratoire de 2014 à sa levée en 2017, documentée à partir des avis officiels du NIH et des rapports du Congrès américain.
Le 17 octobre 2014, à la suite d'une série d'incidents de biosécurité dans des laboratoires gouvernementaux américains (dont une contamination accidentelle par le H5N1 au CDC), la Maison Blanche annonce, via l'Office of Science and Technology Policy (OSTP), une pause de financement fédéral pour les projets de recherche à gain de fonction sur les virus grippaux, MERS et SRAS. Le NIAID envoie 18 lettres à 14 institutions identifiant les projets et contrats concernés. Sept d'entre eux obtiendront ultérieurement une exemption.
Le National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB) pilote un processus d'évaluation des risques et bénéfices, incluant deux symposiums de l'Académie nationale des sciences (décembre 2014, mars 2016) et un rapport d'analyse risque/bénéfice commandé à Gryphon Scientific. En janvier 2017, l'OSTP publie ses recommandations (P3CO Guidance) pour l'élaboration de mécanismes de supervision par les agences fédérales.
Le 19 décembre 2017, le NIH annonce la reprise du financement des recherches à gain de fonction, dans le cadre du nouveau HHS P3CO Framework (Potential Pandemic Pathogen Care and Oversight). Francis Collins, alors directeur du NIH, déclare que le processus de revue « facilitera la conduite sûre, sécurisée et responsable de ce type de recherche ». Un point notable, documenté par le Congrès : le HHS reste, à ce jour, la seule agence fédérale ayant développé un tel processus de revue et ayant publiquement rapporté un financement de recherche GOF.
Le point de friction central du débat public depuis 2020 — documenté avec la plus grande rigueur.
La resurgence de l'intérêt public pour le sujet GOF est directement liée aux débats sur l'origine du SARS-CoV-2, en particulier le projet de recherche « Understanding the Risk of Bat Coronavirus Emergence », financé par le NIH et associant des chercheurs américains d'EcoHealth Alliance et de l'Institut de Virologie de Wuhan.
Lors d'une audition devant le House Select Committee on the Coronavirus Pandemic, le NIH a affirmé que ce projet de recherche ne répondait ni aux critères du moratoire de 2014, ni à ceux du cadre P3CO de 2017. Cette conclusion du NIH est explicitement contestée par plusieurs parlementaires (dont le sénateur Roger Marshall, dans une demande d'information officielle de mai 2021), qui estiment que le projet aurait dû être soumis à ces mécanismes de supervision.
« Il n'existe aucune preuve qu'une recherche financée par le NIH ait déclenché la pandémie » — tout en reconnaissant que la controverse « souligne la confusion généralisée entourant la recherche à gain de fonction ».
LDDF documente ce désaccord tel qu'il existe dans les sources officielles et parlementaires, sans trancher lui-même la question de l'origine du SARS-CoV-2, qui reste activement débattue et non définitivement établie dans les sources consultées.
Signal ≠ Causalité : ce qui est établi, ce qui reste débattu, ce qui n'est pas confirmé.