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La Converse
La Converse est un média montréalais fondé en 2020 par la journaliste Lela Savić. Il centre son travail sur les réalités de communautés marginalisées et revendique un journalisme humain, relationnel, anti-oppressif et sensible aux traumatismes. Reportages, enquêtes, portraits, balados, rencontres et formation y sont conçus comme des moyens d’informer tout en construisant un dialogue durable avec les personnes concernées.
Rendre visibles des réalités laissées dans l’angle mort
La Converse est créée à Montréal en 2020 par Lela Savić, journaliste issue de la communauté rom. Sa fondatrice relie le projet à son expérience des représentations médiatiques négatives ou simplificatrices et à la volonté de transformer la relation entre journaliste et communauté.
Le média se donne pour mission de rapporter les réalités de communautés marginalisées afin de créer du dialogue. Il insiste sur l’écoute, la compréhension, le respect et la production d’histoires qui répondent aux besoins et préoccupations des personnes concernées.
La Converse ne se définit pas comme un journal de combat. Son positionnement demeure néanmoins normatif : justice sociale, diversité, inclusion, solutions et démocratisation de la profession structurent explicitement ses choix. Cette perspective doit être reconnue comme une ligne éditoriale assumée, puis examinée à travers les méthodes et les pièces de chaque reportage.
Dix valeurs publiées
Le « journalisme dialogue » comme engagement méthodologique
La page « À propos » formule dix valeurs. Elles comprennent le respect des personnes, l’attention aux besoins des communautés, une pratique anti-oppressive et sensible aux traumatismes, la relation dans la durée, la recherche de solutions, la transparence, la priorité donnée à l’impact plutôt qu’aux clics, l’introspection, l’évolution et la collaboration.
La Converse affirme ne pas considérer les personnes comme de simples sujets à extraire de leur milieu. Le travail doit se faire avec elles avant, pendant et après la publication, dans une relation consentie et attentive aux effets que la couverture peut produire.
Ces principes donnent un cadre public utile pour évaluer le média. Ils ne remplacent pas les obligations classiques du journalisme : exactitude, vérification, attribution, correction, indépendance et distinction entre fait, analyse et opinion. Une promesse éditoriale devient vérifiable lorsqu’elle se traduit dans les pratiques observables.
Une enquête de la rédaction, un témoignage recueilli lors d’un Dialogue, une production réalisée avec un partenaire et un travail d’apprenti de l’École Converse n’engagent pas exactement les mêmes responsabilités. La provenance, le financement et le rôle de chaque participant doivent rester visibles.
Formats journalistiques
Récit, enquête, portrait et solution
La Converse publie des reportages approfondis, des enquêtes, des portraits, des textes d’actualité, des éditoriaux, des vidéos et des balados. Les thèmes couvrent notamment les identités, les inégalités, l’immigration, l’autochtonie, l’éducation, la santé, la politique, le logement et la justice sociale.
La présence du vécu constitue une source centrale. Une personne décrit ce qu’elle a vu, subi ou compris ; cette parole est irremplaçable pour documenter l’expérience. Elle doit toutefois être distinguée d’une donnée générale, d’un diagnostic, d’une qualification juridique ou de l’intention attribuée à une institution.
Le journalisme de solutions ajoute une question : au-delà du problème, quelles réponses sont expérimentées et avec quels résultats ? Une solution ne doit pas être évaluée par son seul caractère inspirant, mais par ses preuves, ses limites, ses coûts, sa transférabilité et les intérêts de ses promoteurs.
École Converse
Démocratiser l’accès à la pratique journalistique
L’École Converse offre des formations en journalisme, balado et création littéraire à des personnes qui ne viennent pas nécessairement des parcours traditionnels. Le programme affirme privilégier le potentiel, la connaissance des communautés et la capacité à produire des histoires avec celles-ci.
La rémunération des participantes et participants est présentée comme un principe important : elle limite l’exclusion économique et reconnaît la valeur du travail fourni. Des personnes formées peuvent ensuite intégrer ou alimenter la rédaction.
Un rapport d’évaluation concernant la première année 2022–2023 décrit un parcours intensif destiné à huit jeunes. Pour juger durablement le programme, il faut suivre la sélection, l’encadrement, les compétences acquises, les publications, l’insertion professionnelle et le retour des communautés.
Équipe et responsabilités
Une rédaction, des collaborations et des communautés
Lela Savić est présentée comme fondatrice, rédactrice en chef et directrice générale. Le site publie de nombreuses signatures de journalistes, photographes, illustrateurs, réalisateurs, techniciens du son et collaborateurs. Cette diversité correspond à la volonté de représenter les communautés dans la production même de l’information.
Les crédits détaillés des séries audio montrent que l’écriture, la réalisation, le montage, la prise de son, le mixage et l’illustration peuvent être répartis entre plusieurs personnes. Ils doivent être conservés lors de l’indexation d’une œuvre.
La composition de l’équipe évolue. Une liste de signatures ne doit pas être transformée en organigramme permanent. Pour chaque publication, la responsabilité doit être rattachée aux crédits et à la date disponibles sur la page concernée.
Modèle sans but lucratif
Dons, fondations, programmes publics et projets
La Converse publie une page consacrée à son financement. Elle remercie notamment des fondations privées, le Fonds Avenir Médias, Patrimoine canadien, le ministère québécois de la Culture et des Communications, la Ville de Montréal, la Fondation du Grand Montréal, Médias d’Info Canada et l’Initiative de journalisme local.
Le financement par projet a soutenu le développement du média et de l’École Converse. Une entrevue de 2022 avec Lela Savić décrit aussi la charge administrative liée aux demandes, rapports et suivis de subventions.
La publication des financeurs améliore la lisibilité, mais ne donne pas à elle seule les montants, les périodes, les conditions et la part de chaque ressource dans le budget. Pour une transparence complète, les projets doivent indiquer leur bailleur et les comptes annuels devraient permettre d’en comprendre la structure globale.
Indépendance et partenariats
Rendre visible qui soutient quoi
Une organisation sans but lucratif peut dépendre de fondations, de programmes publics, de dons et de collaborations. Aucun de ces financements ne prouve automatiquement une influence indue ; aucun ne doit non plus être rendu invisible lorsque le sujet traité concerne directement le bailleur ou ses politiques.
Pour chaque projet, il convient d’identifier le financeur, la durée, l’objet de la subvention, les éventuels partenaires de production et la règle de séparation éditoriale. Le Studio Converse, qui offre aussi des services de production et d’accompagnement, doit être distingué de la rédaction lorsqu’une œuvre est commandée ou coproduite.
Une mention claire permet au public de juger le contexte sans réduire le contenu à son financement. L’indépendance s’apprécie par la gouvernance, les contrats, la capacité de publier des résultats critiques, la transparence et la constance des méthodes.
Forces documentaires
Proximité, durée et pluralité des savoirs
La Converse donne accès à des personnes et à des réalités souvent sous-représentées. La connaissance située d’un quartier, d’une migration, d’une discrimination ou d’une institution peut révéler des angles ignorés par des enquêtes menées à distance.
Son approche relationnelle peut aussi améliorer le consentement et la précision : les personnes comprennent mieux l’objet du reportage, corrigent des malentendus factuels et ne disparaissent pas nécessairement après la publication.
Enfin, le croisement entre journalisme, formation et rencontre publique crée une mémoire utile des communautés montréalaises. Cette mémoire gagne à conserver documents, données, versions, traductions et corrections dans des formats durables.
Reconnaissances publiées
Des prix à replacer dans leur catégorie
La Converse annonce avoir reçu deux prix de l’Association canadienne des journalistes pour l’édition 2024, concernant un reportage sur la santé mentale des demandeurs d’asile et un reportage sur les revendications de femmes iraniennes. Le média mentionne également une reconnaissance aux LION Publishers Awards 2025 pour l’engagement communautaire lié à ses Dialogues.
Un prix atteste l’évaluation positive d’un jury dans une catégorie donnée. Il ne certifie pas l’ensemble de la production. Pour documenter une reconnaissance, LDDF conserve l’organisme, l’année, la catégorie, l’œuvre, les auteurs et le lien vers le palmarès ou l’annonce.
Méthode documentaire
Lire un reportage relationnel en sept questions
Qui formule chaque affirmation : journaliste, témoin, expert, organisme ou institution ? Le reportage distingue-t-il l’expérience personnelle des données générales ? Les documents primaires sont-ils accessibles et les parties mises en cause ont-elles pu répondre ?
Comment les participantes et participants ont-ils été choisis ? Leur consentement couvre-t-il la publication, l’image, l’audio et les reprises ? Le financement du projet et les collaborations sont-ils indiqués ? Les corrections et mises à jour sont-elles repérables ?
Enfin, le titre, la photographie et le montage reflètent-ils la nuance du contenu ? Cette grille permet d’évaluer concrètement la promesse de dialogue sans imposer au média une neutralité abstraite.
Lecture critique
Comment utiliser La Converse dans LDDF
La Converse constitue une source précieuse sur les expériences vécues, les enjeux communautaires montréalais, les inégalités, les migrations et les effets concrets des politiques publiques. Ses reportages peuvent faire apparaître des témoins, des documents, des associations et des questions absents des grands médias.
Son journalisme se situe explicitement du côté de l’inclusion et de la justice sociale. Ce positionnement n’invalide pas ses enquêtes, mais il doit rester visible dans l’analyse de la sélection des sujets, des interlocuteurs et des solutions mises en avant.
Une parole située doit être préservée avec son contexte. Lorsqu’elle soutient une conclusion plus générale, elle doit être croisée avec des données, des documents officiels, des travaux de recherche et des voix divergentes. Une politique peut produire des effets réels différents selon les groupes ; le pluralisme consiste à documenter ces écarts, non à les aplanir.
La meilleure pratique associe l’article intégral, les crédits, le financement du projet, les pièces primaires, la réponse des institutions, les mises à jour et, lorsque disponible, l’audio ou la vidéo complète.
L’intégration de La Converse dans ce répertoire reconnaît l’originalité et l’intérêt public de son journalisme de dialogue. Elle ne vaut ni caution automatique de chaque conclusion, ni réduction du média à son orientation sociale.
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Ces rapprochements portent uniquement sur un territoire, un format ou un champ éditorial commun. Ils ne supposent ni ligne politique identique, ni équivalence de méthode ou de fiabilité.