Président Wavel Ramkalawan · Sinopharm (don EAU) · Covishield (don Inde) · Mai 2021, pic mondial de cas per capita
Les Seychelles sont devenues, le 10 janvier 2021, le premier pays d'Afrique à lancer sa campagne de vaccination contre la COVID-19, après réception d'un don de 50 000 doses du vaccin chinois Sinopharm offert par les Émirats arabes unis. Le pays a complété son arsenal vaccinal avec un don de 100 000 doses du vaccin Covishield (AstraZeneca produit en Inde) offert par le gouvernement indien. Grâce à cette campagne rapide, l'archipel de 115 îles et d'une population d'environ 98 000 habitants a rouvert ses frontières aux touristes dès le 25 mars 2021, accueillant notamment des visiteurs en provenance des Émirats arabes unis, d'Israël et de Russie, et s'est vu attribuer le titre de « nation la plus vaccinée au monde », dépassant Israël et le Royaume-Uni.
Début mai 2021, alors que 60 à 67 % de la population totale (86 % de la population ciblée de 70 000 personnes) avait été complètement vaccinée, les Seychelles ont connu une résurgence brutale des cas de COVID-19 : de 120 nouveaux cas quotidiens le 30 avril, le nombre est passé à plus de 300 cas par jour les 7 et 8 mai — soit un pays affichant alors, en proportion de sa population, le taux de cas le plus élevé au monde, dépassant même l'Inde en pleine vague meurtrière à cette période. Selon le ministère de la Santé seychellois, 37 % des nouvelles infections concernaient des personnes ayant reçu les deux doses de vaccin. Parmi l'ensemble des personnes complètement vaccinées, 57 % avaient reçu le Sinopharm et 43 % le Covishield — sans que le ministère ne précise la répartition exacte des cas confirmés par type de vaccin reçu.
L'épisode a suscité une controverse internationale sur l'efficacité du Sinopharm contre la transmission virale, Ian Bremmer (Président du groupe Eurasia) résumant publiquement sur les réseaux sociaux : « Les Seychelles sont le pays le plus vacciné au monde... mais ont actuellement plus de cas de COVID par habitant que l'Inde. Comment est-ce possible ? La plupart des vaccins utilisés sont Sinopharm, qui réduit significativement les maladies graves et les décès... mais ne fait pas grand-chose pour réduire la transmission ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a répondu qu'il n'existait aucun lien direct entre la résurgence et ses vaccins, estimant que le taux de vaccination dans certaines zones pouvait rester insuffisant pour empêcher la propagation. Face à la hausse des cas, le Royaume-Uni, l'Union Européenne et les États-Unis ont déconseillé tout déplacement non essentiel vers les Seychelles, et le gouvernement seychellois a réimposé des mesures (fermeture des écoles, interdiction des bars et boîtes de nuit). Une étude de modélisation épidémiologique publiée fin 2021 a conclu que l'interaction entre la levée des mesures non pharmaceutiques à la mi-avril et l'assouplissement des restrictions frontalières, davantage que l'efficacité vaccinale elle-même, expliquait la résurgence observée.
Don de 50 000 doses de Sinopharm offert par les Émirats arabes unis ; complété par un don indien de 100 000 doses de Covishield.
Accueil de visiteurs des Émirats arabes unis, d'Israël et de Russie, s'appuyant sur le statut de « nation la plus vaccinée au monde ».
De 120 cas quotidiens le 30 avril à plus de 300 cas par jour les 7 et 8 mai ; 37% des nouvelles infections chez des personnes complètement vaccinées.
Le Président confirme le pic de cas et l'implication de l'OMS dans l'analyse de la situation, dans un entretien avec CNN.
Le Royaume-Uni, l'Union Européenne et les États-Unis déconseillent tout déplacement non essentiel vers les Seychelles ; réimposition de mesures locales (fermeture des écoles, interdiction des bars).
L'étude conclut que la levée des mesures non pharmaceutiques et l'assouplissement frontalier, plus que l'efficacité vaccinale, expliquent la résurgence observée en mai 2021.
A confirmé publiquement le pic de cas de mai 2021 et l'implication de l'OMS dans l'analyse de ses causes, tout en défendant la stratégie vaccinale du pays.
A confirmé qu'une équipe de l'OMS travaillait avec le ministère de la Santé seychellois et que des échantillons viraux avaient été envoyés à un institut kényan pour analyse.
A publiquement nié tout lien direct entre la résurgence des cas et le vaccin Sinopharm, évoquant un taux de vaccination localement insuffisant comme explication alternative.
Ce dossier illustre de façon particulièrement nette le principe méthodologique central de LDDF : la coïncidence temporelle entre une couverture vaccinale élevée et une résurgence de cas ne permet pas, à elle seule, d'établir une relation de causalité. L'étude de modélisation peer-reviewed consultée identifie des facteurs concurrents (levée des mesures sanitaires, réouverture frontalière) comme explication principale, sans pour autant exclure totalement d'autres hypothèses non tranchées par cette seule étude.
| # | Document | Source officielle | Statut |
|---|---|---|---|
| 1 | The Seychelles is the most vaccinated nation on Earth. But Covid has surged | CNBC — 13 mai 2021 | Presse internationale |
| 2 | Why Covid Cases in Seychelles Are Rising Despite Vaccine Push | Bloomberg — 27 mai 2021 | Presse internationale |
| 3 | Rising cases of COVID in Seychelles: Efficacy of Sinopharm questioned | Observer Research Foundation (ORF) — 2024 | Analyse / think tank |
| 4 | Modeling the impact of vaccination and non-pharmaceutical interventions on the COVID-19 resurgence in Seychelles | PMC8501397 | Peer-reviewed |
| 5 | COVID-19 Vaccinations in Seychelles | The Borgen Project | ONG / analyse |