Un événement réel, dans un vrai lieu — mais pas une audition officielle du Parlement européen · Un lien DARPA/PREEMPT/DEFUSE aujourd'hui confirmé sous serment · Des accusations pénales non étayées contre des personnes nommées
Une distinction essentielle que la diffusion virale du discours a largement effacée.
Le 3 mai 2023, le Dr David E. Martin — analyste de brevets, fondateur de M-CAM Asset Management, sans formation en virologie — prend la parole lors de l'« International COVID-19 Summit III », un événement de neuf heures organisé dans une salle du Parlement européen à Bruxelles. Martin lui-même précise dans son discours avoir été « hébergé » une dizaine d'années plus tôt par les groupes politiques Verts/ALE et d'autres formations européennes pour une conversation sur les brevets biologiques.
Une salle du Parlement européen peut être réservée par des députés pour des événements organisés par des tiers — associations, groupes de réflexion, sommets militants. Cela ne constitue ni une audition officielle, ni une position institutionnelle du Parlement européen, ni une validation de son contenu par l'institution. C'est une distinction que la diffusion virale de ce discours (relayé notamment par Infowars et Children's Health Defense selon Science Feedback) a largement gommée.
Indépendamment de Martin, ce volet précis a depuis été confirmé par une source de premier plan : le virologue directement impliqué, sous serment.
DARPA a lancé en janvier 2018 le programme PREEMPT (Preventing Emerging Pathogenic Threats), confirmé par un communiqué officiel de l'agence, visant à identifier des virus dans leurs réservoirs animaux avant leur transmission à l'humain. Le Dr Ralph Baric — chercheur de premier plan sur les coronavirus à l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, et l'un des scientifiques les plus centraux des débats sur l'origine du SARS-CoV-2 — a confirmé lors d'une audition à huis clos devant la commission sénatoriale américaine de la Sécurité intérieure que DARPA avait sollicité, via PREEMPT, des propositions de recherche à gain de fonction dès janvier 2018.
Le projet soumis en réponse, nommé DEFUSE (2018, EcoHealth Alliance, laboratoire Baric, Institut de virologie de Wuhan), proposait — selon le témoignage de Baric lui-même — d'ajouter un site de clivage à la furine à un coronavirus de chauve-souris, construisant un virus quasiment identique au SARS-CoV-2. DARPA a rejeté cette proposition spécifique en 2018 ; elle n'a, à la connaissance de LDDF, pas été financée sous cette forme précise.
Ce témoignage établit qu'une proposition décrivant des caractéristiques proches du SARS-CoV-2 existait avant la pandémie, et que DARPA a sollicité ce type de recherche. Cela ne démontre pas que le SARS-CoV-2 est effectivement issu de ce projet ou d'un projet apparenté — DARPA affirme avoir rejeté DEFUSE, et l'origine exacte du virus reste, dans l'état actuel des sources disponibles, non tranchée.
À distinguer clairement du volet DARPA/DEFUSE ci-dessus, qui repose sur un témoignage sénatorial distinct et indépendant de Martin.
Au-delà du lien DARPA, Martin formule dans ce même discours plusieurs accusations pénales précises, présentées comme des faits établis : que le CDC aurait corrompu l'Office des brevets américain pour faire délivrer un brevet en 2007 ; que plus de 10 milliards de dollars auraient été détournés « via le chèque d'Anthony Fauci » vers un programme de biodéfense parallèle ; et que la pandémie constituerait un acte prémédité de « génocide » et de « terrorisme domestique ».
L'organisme de vérification scientifique Science Feedback a examiné ce discours en détail et conclut que les affirmations de Martin sont « toutes non étayées, contiennent de nombreuses inexactitudes, et reposent sur une interprétation grossièrement déformée de la recherche historique sur les coronavirus ». LDDF ne reproduit pas ces accusations comme des faits établis — elles constituent des allégations pénales graves contre des personnes nommées, non démontrées dans le discours lui-même ni recoupées par une source indépendante à ce jour.