Ce dossier s'appuie sur les recensements publics les plus récents — l'initiative Global BioLabs (King's College London, lancée en 2021) et une cartographie élargie publiée en 2025 dans le Journal of Public Health par une équipe de l'University of New South Wales. Le recensement mondial des laboratoires BSL-4 reste, par la nature même du sujet, incomplet — certains pays ne publient pas de données exhaustives sur leurs installations à haut confinement.
La classification P4 (« pathogène de classe 4 ») — appelée BSL-4 (Biosafety Level 4) dans la nomenclature anglo-saxonne — désigne le niveau de confinement le plus élevé pour la recherche en laboratoire. Elle s'applique aux agents pathogènes caractérisés par une mortalité très élevée, l'absence de vaccin ou de traitement efficace, et une transmission possible par aérosols : Ebola, Marburg, fièvre de Lassa, variole.
Un laboratoire P4 est hermétiquement clos, équipé de sas de décontamination successifs et de portes étanches ; les effluents liquides y sont décontaminés chimiquement avant rejet. La classification apparaît pour la première fois en 1984, dans le sillage d'un accident survenu en 1967 à Marburg (Allemagne de l'Ouest) : des chercheurs de la société Behring avaient été infectés par un virus jusqu'alors inconnu — sept des trente-et-un contaminés en sont morts. Ce virus porte depuis le nom de la ville où l'incident a eu lieu.
| Niveau | Désignation | Exemples d'agents |
|---|---|---|
| BSL-1 | Risque minimal | Agents non pathogènes pour l'humain en bonne santé |
| BSL-2 | Risque modéré | Agents associés à une maladie humaine, traitement disponible |
| BSL-3 | Risque élevé | Tuberculose, SARS-CoV, fièvre charbonneuse — transmission respiratoire possible |
| BSL-4 / P4 | Risque maximal | Ebola, Marburg, Lassa, variole — pas de traitement, mortalité élevée |
| Indicateur | Chiffre | Source / Année |
|---|---|---|
| Laboratoires BSL-4 opérationnels | 110, dans 34 pays | Étude UNSW, Journal of Public Health, 2025 |
| Laboratoires BSL-4 (recensement antérieur) | 69 (51 opérationnels + 18 en construction/projet) | Global BioLabs, 2023 |
| Laboratoires BSL-4 (2021) | 59 | Global BioLabs, 2021 |
| Laboratoires BSL-3 | 3 515, dans 149 pays | Étude UNSW, 2025 |
| Concentration géographique BSL-4 | ~46% dans la région Europe (OMS) | Étude UNSW, 2025 |
| Concentration géographique BSL-3 | ~47% aux États-Unis | Étude UNSW, 2025 |
La sociologue Filippa Lentzos, qui a cartographié 60 laboratoires P4 dans 23 pays, a constaté que les trois quarts de ces installations ne respectaient pas les normes de biosécurité les plus strictes. Il n'existe à ce jour aucun recensement exhaustif et obligatoire, à l'échelle internationale, de la localisation et des activités de ces laboratoires.
La Chine a construit deux laboratoires P4 au cours des cinq années précédant 2020 et prévoyait, à cette date, d'en ouvrir cinq à sept supplémentaires d'ici 2025. Le Japon est longtemps resté le seul pays du G8 dépourvu de laboratoire BSL-4 pleinement autorisé — son installation construite dès 1981 n'a obtenu l'autorisation de traiter des agents de catégorie 4 que des décennies plus tard, face à l'opposition des riverains.