« Quand j'ai voulu me lever pour aller travailler, je n'ai pas pu. Je suis tombée comme un poids mort à côté du lit. »
Le 4 janvier 2022, Flavia Ochoa reçoit une troisième dose du vaccin AstraZeneca dans un centre de vaccination de Coronel Moldes (Córdoba). Selon le dossier judiciaire, elle développe le soir même de fortes douleurs musculaires et des crampes, puis perd progressivement la mobilité de ses jambes les jours suivants. Un syndrome de Guillain-Barré est diagnostiqué. Le dossier comprend l'historique clinique complet, des études neurologiques, une déclaration ESAVI (Événement Supposément Attribuable à la Vaccination), un rapport transmis à l'ANMAT, et un certificat d'incapacité de 75,60 % délivré par la Commission médicale de la Superintendance des risques du travail.
La Comisión Nacional de Seguridad en Vacunas (CONASEVA), saisie dans le cadre de la demande administrative préalable d'Ochoa, a conclu ne pas avoir pu établir de lien de causalité entre le vaccin administré et l'effet indésirable allégué. C'est précisément ce rejet administratif que la demande judiciaire civile conteste, Ochoa estimant que la documentation médicale présentée n'a pas été suffisamment prise en compte.
La demande civile, déposée contre AstraZeneca et l'État national argentin, réclame une indemnisation pour incapacité, préjudice moral et perte de projet de vie, et conteste la constitutionnalité de plusieurs articles de la loi 27.573 encadrant le fonds de réparation vaccinal argentin. La Justice fédérale doit encore déterminer s'il existe un lien de causalité entre la vaccination et le tableau neurologique développé — c'est l'objet même du procès, non un fait déjà tranché.
Signal ≠ Causalité : le diagnostic médical, le certificat d'incapacité et le dépôt de la procédure judiciaire sont des faits établis ; l'établissement judiciaire d'un lien de causalité avec la vaccination reste, à ce jour, à trancher par la Justice fédérale argentine.