Je titillais l'ours… au risque, je le savais, de mettre fin à ma carrière. Mais je n'ai aucun regret. J'ai fait ce que j'ai fait parce que c'était juste, et c'est pour cela que je dors bien la nuit.
Formé en Afrique du Sud, Charles Hoffe exerce la médecine générale et d'urgence à Lytton (Colombie-Britannique) depuis le début des années 1990, dans une région rurale reculée où l'accès à des équipements sophistiqués est limité. A perdu son cabinet et le petit hôpital communautaire St. Bartholomew's lors de l'incendie catastrophique qui a détruit la ville de Lytton le 30 juin 2021.
Dans sa lettre, adressée depuis la Lytton Medical Clinic et datée du 5 avril 2021, Hoffe indique qu'environ 900 doses du vaccin Moderna avaient alors été administrées dans la communauté de Lytton, débutant à la mi-janvier 2021 auprès des membres des Premières Nations. Il y rapporte plusieurs réactions allergiques dont deux cas d'anaphylaxie, ainsi qu'un décès qu'il présente comme probablement lié au vaccin : celui d'un patient de 72 ans souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), décédé brutalement 24 jours après l'injection après s'être plaint d'un essoufflement croissant. Il conclut, selon ses propres termes rapportés par CBC News, que « ce vaccin est manifestement plus dangereux que la COVID-19 ».
Contrairement à ce qu'il redoutait — Hoffe rapporte avoir été prévenu par des confrères de ne pas s'attendre à une réponse — la Dre Henry lui a répondu dès le lendemain, l'invitant à une rencontre virtuelle avec un spécialiste désigné de la sécurité vaccinale, tenue le 13 avril 2021. Hoffe indique avoir parallèlement adressé des demandes de consultation urgentes à un neurologue pour ses trois patients dont l'état lui semblait le plus préoccupant.
Sollicitée par l'AFP Factuel, la Société française d'hématologie a qualifié la démarche de Hoffe de non scientifique, ne relevant pas de la médecine fondée sur les preuves. Sa présidente, Marie-Antoinette Sevestre-Pietri, a relevé l'absence de méthode connue de sélection de l'échantillon de patients testés, notant qu'un taux de D-dimères élevé peut avoir de nombreuses causes autres qu'une thrombose (l'âge avancé des patients, notamment, l'élève naturellement).
A rédigé le chapitre 6 de l'ouvrage collectif Canary in a (Post) Covid World: Money, Fear, and Power (Volume 2), anthologie de témoignages de professionnels de santé nord-américains sur la gestion de la pandémie.